Guide pour les familles

Garder son parent chez lui, ou choisir l'EHPAD ?

Une chute, un oubli de trop, une voix fatiguée au téléphone… et la question ne vous quitte plus. Ce guide vous aide à décider calmement : les coûts réels, le moral de votre parent, le vôtre, et les étapes pour choisir ensemble.

Une fille et sa mère regardent des photos de famille
85 %des Français souhaitent vieillir à domicileIfop
≈ 2 140 €prix médian mensuel d'une place en EHPAD habilitée à l'aide socialeCNSA, 2024
9,3 Mde proches aidants en FranceDREES
01

D'abord, ce que votre parent souhaite.

Rester chez soi, c'est garder ses objets, ses voisins, sa boulangerie, ses horaires. C'est souvent ce qui fait qu'on se sent encore soi-même.

Avant toute décision, parlez-en avec lui et écoutez vraiment. Son entrée en établissement ne devrait jamais se faire contre son avis : la loi demande d'ailleurs de rechercher son consentement.

Une décision prise avec lui sera toujours mieux vécue qu'une décision prise pour lui.
Une femme âgée boit un thé dans sa cuisine
02 Option 1

Rester chez soi, en sécurité.

Le maintien à domicile, ce n'est pas « ne rien changer ». C'est construire autour de votre parent un filet de sécurité discret, qui le laisse vivre comme il l'entend et qui vous prévient, vous, au bon moment.

1Un logement adapté

Douche de plain-pied, barres d'appui, tapis supprimés, lumière automatique la nuit. La plupart des chutes ont lieu à la maison.

Prévenir les chutes →
2Un moyen d'alerter

Une montre d'alerte détecte la chute et appelle ses proches, à la maison comme dehors. Plus de longues nuits passées au sol.

La montre d'alerte →
3Des repères au quotidien

Le jour et la date en grand, des rappels pour les médicaments et les rendez-vous, un pilulier qui sonne.

Le calendrier →
4Une présence humaine

Aide à domicile, infirmier, portage de repas, voisins, famille. La technologie ne remplace personne : elle appelle la bonne personne.

Soins à domicile →
Veiller sans surveiller

« Je veux le protéger, pas le surveiller. »

C'est une crainte légitime. Une bonne solution ne filme pas, n'écoute pas, ne contrôle pas. Elle reste silencieuse tant que tout va bien, et ne vous alerte qu'en cas de chute, d'appel à l'aide ou de sortie inhabituelle.

Votre parent garde sa liberté.
Vous retrouvez le sommeil.

Une montre d'alerte au poignet
03 Option 2

L'EHPAD n'est pas un échec.

Pour certaines personnes, c'est la solution la plus sûre, et même la plus apaisante. L'important est qu'elle soit préparée et choisie.

Quand c'est souvent le bon choix

  • Des soins lourds nécessaires plusieurs fois par jour, et la nuit.
  • Des troubles de la mémoire avancés avec mise en danger : errance, gaz oublié.
  • Un isolement total, sans aide possible à proximité.
  • Un aidant épuisé, qui ne peut plus tenir.
Une soignante discute avec un homme âgé
Rester à domicileEntrer en EHPAD
Cadre de vie

Son chez-soi, ses habitudes

Une chambre, un rythme collectif

Autonomie

Préservée au maximum

Encadrée

Sécurité

Alerte et proches prévenus au besoin

Personnel présent 24 h/24

Soins lourds

Limités, via des intervenants

Sur place

Vie sociale

À entretenir : visites, voisins, sorties

Repas et animations en commun

Budget

Souvent moindre si l'aide reste modérée

≈ 2 140 € à 3 020 € par mois

04

Combien ça coûte, vraiment ?

Des chiffres réels, et les aides qui changent tout. Les montants varient selon les départements : vérifiez toujours auprès du vôtre ou du CCAS.

En EHPAD
≈ 2 140 €/ mois, place habilitée à l'aide sociale
≈ 3 020 €/ mois, place non habilitée

Prix médians 2024 d'une chambre seule, hébergement + dépendance de base. Source : CNSA.

Les aides possibles

  • APA en établissement (part dépendance)
  • APL ou ALS (aides au logement)
  • Aide sociale à l'hébergement du département
  • Réduction d'impôt de 25 %, jusqu'à 10 000 € de dépenses par an
À domicile
Montre d'alerte 4G129 € une fois
Calendrier + piluliermoins de 200 €
Aide à domicile 10 h/sem.≈ 1 100 à 1 300 €/mois
Après crédit d'impôt 50 %≈ 550 à 650 €/mois
Travaux d'adaptationjusqu'à 70 % aidés

Les aides possibles

  • APA à domicile : de ≈ 812 € (GIR 4) à ≈ 2 080 € (GIR 1) par mois en 2026
  • Crédit d'impôt de 50 % sur les services à la personne
  • MaPrimeAdapt' pour les travaux, selon les revenus
Un fils aide sa mère pour ses démarches

À retenir : tant que les besoins d'aide restent modérés, le maintien à domicile coûte généralement moins cher qu'un EHPAD. Quand il faut une présence jour et nuit, l'écart s'inverse. Toutes les aides et démarches →

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Le moral, ce qu'on oublie trop souvent.

Un couple âgé dans son jardin
Pour votre parent

Ses repères le protègent. La solitude, beaucoup moins.

Rester chez soi préserve souvent le moral : on garde son identité, son rôle, ses habitudes. Mais le domicile a ses risques silencieux : la solitude, la perte d'appétit, une tristesse qui s'installe. Une maison sûre doit aussi être une maison visitée.

À l'inverse, une entrée en établissement brutale ou subie peut provoquer un véritable effondrement, que les soignants appellent le syndrome de glissement. Préparée et acceptée, elle peut au contraire rompre un isolement devenu douloureux.

Signaux à surveiller : il mange moins, dort mal, ne s'intéresse plus à rien, ne décroche plus, néglige sa toilette. Parlez-en à son médecin.
Une femme prend des nouvelles de sa mère au téléphone
Pour vous, l'aidant

Prendre soin de vous fait partie de prendre soin de lui.

Plus de 9 millions de personnes aident régulièrement un proche en France. Près d'un aidant de senior sur deux dit que cette aide pèse sur sa propre santé.

La fatigue, l'inquiétude permanente et la culpabilité sont normales. Elles ne font pas de vous un mauvais enfant : elles disent que vous avez besoin de relais. Partagez la vigilance entre frères et sœurs, acceptez de l'aide, prenez des jours de répit.

Entre les deux

Il existe des solutions intermédiaires.

Accueil de jour

Quelques jours par semaine en structure, retour à la maison le soir.

Hébergement temporaire

Quelques semaines, après une hospitalisation ou pendant les vacances de l'aidant.

Résidence autonomie

Un logement privatif dans une résidence sécurisée.

Résidence services seniors

Un appartement avec services à la carte : repas, présence, animations.

Accueil familial

Vivre chez un accueillant agréé par le département.

Un couloir éclairé la nuit par une veilleuse
Les signes qui doivent faire réfléchir
  • Des chutes répétées, ou une chute suivie d'un long moment au sol
  • Des oublis qui mettent en danger : traitement, gaz, porte ouverte
  • Une perte de poids, un frigo souvent vide
  • Un repli sur soi, une tristesse qui dure
  • Un logement devenu inadapté : escaliers, baignoire, isolement
  • Un aidant à bout de forces

Aucun de ces signes ne veut dire automatiquement « EHPAD ». Ils veulent dire : il faut renforcer l'accompagnement, et en parler.

06

Décider ensemble, et par étapes.

  1. Parlez-en avec lui

    Et avec le reste de la famille. Chacun doit pouvoir dire ses craintes.

  2. Faites le point avec son médecin

    Sur sa santé, sa mémoire, sa mobilité.

  3. Demandez une évaluation GIR

    Auprès du département : elle ouvre aussi les droits à l'APA.

  4. Sécurisez d'abord le domicile

    Alerte, repères, aménagements, aide humaine.

  5. Réévaluez tous les six mois

    Ce qui est juste aujourd'hui peut changer demain. C'est normal.

Une femme âgée rit sur sa terrasse
Notre conviction

Bien souvent, on peut rester chez soi plus longtemps, et plus sereinement.

Une montre d'alerte ne remplacera jamais un EHPAD quand il devient nécessaire. Mais elle permet souvent de gagner des années de vie chez soi, pour lui comme pour vous.

Questions fréquentes

Peut-on placer un parent en EHPAD sans son accord ?

Son consentement doit être recherché. S'il n'est plus en capacité de l'exprimer, la décision se prend avec son médecin et, le cas échéant, la personne chargée de sa protection juridique (tutelle, curatelle, habilitation familiale).

Qui paie l'EHPAD si mon parent n'a pas assez de revenus ?

L'aide sociale à l'hébergement du département peut compléter. Elle peut entraîner une participation des enfants au titre de l'obligation alimentaire. Renseignez-vous auprès du CCAS de sa commune.

Combien de temps peut-on rester à domicile avec une perte d'autonomie ?

Souvent bien plus longtemps qu'on ne le pense, si le logement est adapté, si une alerte est en place et si l'aide humaine suit l'évolution des besoins.

Une montre d'alerte remplace-t-elle la téléassistance ?

Elle fait la même chose (alerter les proches en cas de chute ou d'appel) mais fonctionne aussi à l'extérieur, sans boîtier ni abonnement de centrale. Voir notre comparatif →

Sources : CNSA, Repères statistiques n° 27, prix des EHPAD en 2024 ; Ifop ; DREES, enquêtes sur les proches aidants ; service-public.fr. Montants indicatifs, susceptibles de varier selon les départements et les situations.